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Le Court Terme

Je sais donc je suis ?

L’information circule désormais à toute vitesse et tous azimuts. Téléphones portables, intranet, internet, médias… Les murs de notre bureau et de notre entreprise se sont volatilisés pour nous exposer au regard de tous et exposer chacun à notre appréciation. La transparence est à tel point de mise que nous nous sentons quasiment en devoir de tout savoir et de tout faire savoir. Je sais donc je suis… Quoi, au juste ? Un cadre toujours dans le coup, certes. So what ?  Car nous payons au prix fort ce déluge de communication. D’abord en voyant notre temps dévoré par une pléthore de mails et d’appels téléphoniques. Ensuite en constatant que depuis que l’info partagée par tous circule en flot indifférencié, elle a perdu sa valeur d’hier. Elle ne promeut plus au rang des initiés. Les cadres en font la cuisante expérience chaque fois que, sommés de réagir instantanément aux messages dont on les bombarde, ils constatent que leur implication reste sans suite.  Savoir n’est plus pouvoir, voilà la part obscure de la révolution numérique que nous peinons à intégrer, bien qu’elle soit aussi riche de promesses. Car savoir c’est aussi mieux partager, pour peu que… l’entreprise relève le défi de l’intelligence collective !


Cohérence du discours dirigeant

      

    

OPA hostile de l’Indien Mittal Steel sur l’Européen Arcélor. De toute part, on tente de dissuader les actionnaires de vendre. On avance la divergence de la « vision stratégique », du « modèle de développement » et des « valeurs » ; on conteste la « validité du projet industriel » ; on s’alarme du « sort des salariés »…De leur côté, les experts de la Bourse rappellent que cette tentative n’a en tout cas rien d’illégal. La preuve : Arcélor vient tout juste d’en réussir une tout à fait similaire, en rachetant le Canadien Dofasco au grand dam de son rival allemand ThyssenKrupp. Bref, il fit hier à autrui ce qu’il n’entend pas qu’on lui fasse aujourd’hui à lui-même.Quoiqu’on pense du bien-fondé de ces opérations (ce n’est pas notre propos), elles posent un autre problème : quel effet peut avoir sur les cadres un tel manque de cohésion du discours dirigeant ? Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais…On sait la perte de crédibilité que risque d’entraîner une telle conduite. Car elle brouille les règles du jeu entrepreunarial. Des règles que les cadres peinent de plus en plus à discerner dans l’incertitude généralisée. Et dont la lisibilité ne peut plus être rétablie par une simple « bonne communication interne ».