jaimemaboite-ellenonplus.com

 

Best Practices aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la pression professionnelle a un impact financier de taille, à la fois en perte de productivité et en frais médicaux. Pour y faire face, les employeurs ont fini par faire une « sélection à la porte d’entrée » des salariés les plus résistants et motivés. Alarmés, les pouvoirs publics ont mis en place des initiatives pour lutter contre le stress et adopté, au début des années 1990, une Loi sur les Conditions de Travail (LCT), mise en vigueur en 1999.

En substance, la LCT rénove l’approche de la santé. D’une part, elle en donne une définition positive, considérant la santé non pas comme une simple absence de maladie, mais comme la présence d’un bien-être physique et psychologique. D’autre part, la LCT met l’accent sur la prévention et non plus sur la sanction, grâce à de nouveaux dispositifs d’information, d’évaluation, de R&D, …

Dans ce contexte, des Services de Santé et de Sécurité au Travail (SSST) ont été créés, dont la mission consiste à donner des avis organisationnels (listes de contrôle et questionnaires d’auto-rapport), à évaluer les risques psychosociaux (STRESSOMAT mesurant les réactions cardiovasculaires au stress), à mettre en œuvre et coordonner des mesures de diminution du stress. Cette initiative a eu un tel retentissement qu’en 1998, 95% des entreprises hollandaises avaient conclu un accord avec une SSST.

En conclusion, s’il est encore trop tôt pour juger de l’efficacité de ces mesures, les effets positifs initiaux de réduction des taux d’absentéisme et d’incapacité sont actuellement en train de s’estomper. En outre, le cadre juridique reste difficile à mettre en place, notamment à cause de divergences entre employeurs - qui souhaiteraient une distinction claire entre « stress professionnel » et stress en général - et syndicats – qui fustigent le statut privé des SSST -. Enfin, si l’évaluation des risques psychosociaux est en nette progression puisqu’elle concerne 90% des entreprises de plus de 100 salariés, elle ne concerne que 33% des entreprises de moins de 10 salariés. Encore peu répandue, la prévention du stress lié au travail gagne peu à peu en importance.
Le modèle néerlandais offre un certain nombre d’enseignements. Tout d’abord, les Pays-Bas ont montré qu’une politique gouvernementale active pouvait définitivement mettre fin au tabou du stress au travail. Ensuite, la législation sur les conditions de travail devrait non seulement aborder les questions de santé et de sécurité traditionnelles, mais également les caractéristiques psychosociales du stress (contenu, relations sociales, …), pour garantir une protection moderne des travailleurs. Enfin, la combinaison de mesures législatives avec la mise en place de services de santé et de sécurité au travail permet d’inciter les entreprises à prendre des mesures, même si les PME manquent souvent de compétences spécialisées en matière d’évaluation et de prévention des risques. Peut-être qu’une orientation donnée par les organisations sectorielles permettrait de renforcer l’efficacité de ce genre d’initiatives.

Laisser un commentaire