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Japon : l’épuisement au travail comme épée de Damoclès

En 1960, le nombre annuel d’heures travaillées battait tous les records : il atteignait 2 432 heures, dont 262 heures supplémentaires pour chaque salarié.
En 1987, étant donné l’ampleur du phénomène du karoshi (mort subite due à une charge trop importante de travail), le gouvernement a révisé ses standards, de manière à diminuer progressivement la semaine de travail, de 48 à 40 heures.
En 1997, le chiffre annuel tombait à 1 900 heures.
Suivant la même tendance, les heures supplémentaires sont tombées à une moyenne par salarié de 150 heures par an.
Mais, à cet égard, le Japon semble avoir du mal à établir des standards. En effet, il subsiste une part considérable d’heures supplémentaires qui ne sont pas comptabilisées par le Ministère de l’Emploi. Ainsi, si les salariés travaillent plus longtemps que les horaires prévus, leurs heures supplémentaires ne sont pas toujours prises en compte.



Le différentiel entre les deux systèmes de mesure fait état de 300 heures par an et par salarié non prises en compte.



La proportion de salariés qui travaillent plus de 60 heures par semaine dépasse largement les chiffres des autres pays industrialisés. Pour ce qui concerne en particulier les communications et transports, les services et les managers, près d’une personne sur trois travaille plus de 60 heures par semaine.

Temps de transport :
En outre, 48.2% des salariés passent deux ou trois heures dans les transports chaque jour, 12.7% y consacrent plus de 3 heures. Cela représente 750 heures par an, que les Japonais ne peuvent consacrer ni à leur famille, ni à leur détente.
En comparant avec les autres pays industrialisés, on se rend compte que le différentiel en temps de transport s’étale entre 80 et 150 minutes par jour.
Récemment s’est produite une réorganisation drastique du travail au Japon. Les entreprises tendent désormais à effacer les couches managériales qui se superposaient dans l’ancien système. Ainsi, les Japonais se retrouvent avec plus de travail et plus de responsabilités, et donc encore moins de temps à consacrer à leur vie privée.



Entre 1982 et 1997, la proportion de salariés souffrant de stress et/ ou d’anxiété a augmenté de 24%, passant de 50,6 à 62,8%.



Ce graphique montre la relation entre le taux de mortalité et le pourcentage des salariés travaillant plus de 60 heures par semaine. On remarque une très forte corrélation entre ces deux tendances : la courbe de la mortalité suit les pics d’activité.

Dans ces conditions, le Karoshi a fait l’objet d’attentions toujours plus nombreuses. Familles et collègues se sont battus pour que le phénomène soit reconnu officiellement. Ainsi, en juin 1988, le Conseil National pour la Défense des Victimes de Karoshi a mis en place une hotline. Celle-ci a reçu plus de 4 000 appels en 9 ans.
Le phénomène a ensuite eu un grand retentissement médiatique, et cela, même au-delà des frontières. Ainsi, 1998, le Chicago Tribune avait rapporté l’histoire de M. Hiraoka, middle manager, qui mourut d’un arrêt cardiaque après avoir travaillé plus de 72 heures par semaine pendant 28 ans.

Depuis 1990, le nombre d’appels à la hotline a diminué. Pourtant, on dénombre encore plus de 100 morts subites par an.

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