Extrait n°2 : De pression en dépression
Fin juillet 2003 à Paris. (…) François termine sa journée en expédiant les affaires courantes. Il raconte. « Nous sommes mercredi. (…) Encore une demi-douzaine de rendez-vous à boucler. Puis c’est le grand saut vers la Corse (…). Le jeudi, mon patron (…) m’explique (…) que le business plan bâti pour une des filiales que je dirige ne tiendra pas la route à la rentrée.”Désolé, François. En quelques jours vous allez me remettre ça d’aplomb”, me dit-il. Quelques jours ? Il savait que c’était plutôt l’affaire d’une bonne semaine ! De toute façon, je n’avais pas le choix. (…)
[J]e travaille comme un forcené (…). Quatre jours plus tard, (…) je transmets [à mon patron] le dossier sur son lieu de vacances. Il m’appelle le lendemain : “(…) Il y a tel et tel point qui ne vont pas. Corrigez-les et partez en vacances, vous en avez besoin. “. (…) Le 2 septembre, retour au bercail. Je retrouve mon bureau, mais il y a quelqu’un dedans ! C’est devenu son bureau. Pour faire mon travail ! (…) Un an après, je pointe toujours à l’ANPE. Et je n’ai toujours pas compris comment, à 52 ans, l’entreprise a pu me laisser tomber si violemment. »
