Vitesse ou précipitation ?
« Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation », disait l’adage. N’est-ce pas pourtant ce à quoi les managers sont inexorablement conduits depuis vingt-cinq ans ?
Primo, la mondialisation : hâtons-nous de rejoindre le ring où la partie se joue en accéléré. Sinon nos concurrents seront les premiers à commercialiser la nouvelle molécule ou à rafler l’immense marché de l’aviation chinoise…
Deuzio, la pression financière : en substituant la plus-value boursière à la valeur réellement créée par l’entreprise, les actionnaires imposent la loi du très court terme, sur leurs tambours battant au rythme des prévisions trimestrielles et des 15% à tout prix…
Tertio, les nouvelles technologies : nomades tenus en laisse électronique, nous sommes devenus instantanément joignables grâce à nos portables, et sommés bien sûr de donner suite illico sur tous les chantiers en cours. Allô, ici Homo numericus, j’écoute…
Les managers ont intégré tout cela. Mais comment faire pour que ce règne de l’immédiateté ne tourne pas à la dictature ? Pour qu’il laisse tout de même aux cadres et à leurs dirigeants le temps d’inscrire l’action dans une stratégie et de la déployer de façon solide ?
Tel est le nouveau défi lancé à l’entreprise et que seule peut relever notre intelligence collective.
Alors à vous ! Faites vos propositions !

23 janvier 2006 à 19:10
La vitesse conduit parfois à faire, défaire et refaire !
Un peu de réflexion (stratégie) préalable à l’action, ne serait-elle pas parfois la bienvenue ?
24 janvier 2006 à 12:38
Les cadres peuvent-ils encore y croire ?…
Il y a quelques jours, Emmanuel Vivier m’annonce qu’il m’envoie un livre à chroniquer, si je le souhaite, pour une opération de buzz marketing menée par son agence. Il s’agit de J’aime ma boîte, elle non plus, de Patrick Levy-Waitz et Yves Messar…
24 janvier 2006 à 22:06
S’opposer à la vitesse frénétique requiert non seulement du Courage, pour affronter les pressions qui ne manquent pas d’opérer, mais aussi de la Confiance, en soi, en ses équipes. Cela demande également de la Vision, pour savoir où faire porter sur le long terme les efforts de l’entreprise, de l’Ethique enfin, pour assumer ses choix, en endosser les responsabilités et faire oeuvre d’exemplarité.
Ai-je brossé le portrait du leader français typique ?
A en lire les auteurs, je crains que nous en soyons bien loin… alors en ce début d’année, je ne peux que suggérer une bonne résolution :
“Ne cesse de sculpter ta propre statue jusqu’à ce que brille en toi la splendeur divine de la vertu“ - Plotin